rêve et réalité (retouché par zoro D. astre)

julienboudol

Troupeaux de pensée dans nuées vaporeuses et colorées
A travers jeux de miroirs déformants et masques grimaçants,
Par la force de ce théâtre riche de sensualité,
Nous montrent l’énergie primitive dressant d’absolus monuments.

Concordant les gazouillis au rythme précis des machines
Intubant les résidus hors des sphères sonochroniques ;
Le neuro-guetteur bascule les flux de créato-vipérine
Ecrivant l’intime en arabesques sur les portes psychiques.

Trou spatial d’où nait le mouvement primal de respiration,
Plan de vol glissé sur le ventre de l’atmosphère ionisée,
Oxydation nombrilique par pulsations insuffle l’implosion ;
Tout a déjà jailli : nous n’en voyions que le lointain reflet.

Quelque chose dans le silence troublé du cosmos s’est brisé net,
Dans la confusion qui accompagne le chaos grandissant ;
Nous sommes tous perdus, car pour être parfaitement honnête,
On nous a racontés de bien étranges contes pour enfants.

Farce arrosée d’autodestruction vicieuse car inconsciente,
Illusions des visions…

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Déchirure béante (retouché par zoro D. astre)

julienboudol

Fuir loin des branches sur lesquelles je paresse,
Ce devenir qui ne me laisse que peu d’espace
Pour construire mes ailes et que l’ange apparaisse,
Cette invisible pression qui ne laisse pas de traces.

Déchirure béante montrant son visage tiraillé de spasmes ;
Vertu sous cuisson rapide dans les hauts fourneaux de
[l’Amour ;
Pierres ciselées ; pièces de puzzle ; fresques tours et détour ;
Constructions virtuelles de mondes paradisiaques dans les
[miasmes.

Conviction à valeur de loi poussant fort comme vent dans le
[dos,
Étriquement des choix multiples endiguant la croissance
[astrale,
Source des maux, rigide carcan tournoyant dans la spirale,
Expressions éphémères des esprits en lutte dans le Tao.

Vie, source de toute expérience illuminant les égos.
Fenêtres d’actions ouvertes par les symboles sur l’Absolu,
Canaux aux pouvoirs dévastateurs traduisant les idéaux ;
L’essence des sens n’empêche pas que je me sente perdu !

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Réponse à la lettre de L.

Trop fragile :
Des éclats de verre
Dans ses yeux bleus.

Trop sensuelle :
A fleur de peau
Juste avant d’éclore.

Trop frèle :
Un souffle mordant
Sur sa gorge nue.

Trop rebelle :
Un gôut d’acier
Entre les dents.

Trop subtile :
Des mots sans lettre
Dans sa bouche bée !

Trop fébrile :
Un cœur s’affolle,
Le doigt sur le détonateur.

Trop cruelle :
L’odeur du chrysanthème
Au pied d’une tombe.

Z/A – 01/08/2015

La letre de L.

A cause de la souffrance qui cherche encore trop souvent à prendre possession de ce corps qu’elle aime, elle a vécu des moments douloureux d’une rare violence, une violence provoquée par des blessures anciennes, mises à vif par des discours qu’ils ont tenus l’un envers l’autre.
Elle est impressionnée, effrayée, par ce que l’élu de son cœur s’inflige à travers les mots, par cette profonde dépréciation aux ramifications multiples, qu’elle ne peut pas prendre à la légère. Elle peut l’expliquer, mais n’envisage pas de la supporter, tant elle est injustifiée de son point de vue.

Elle veut croire depuis le début qu’il est sur la bonne voie, que ses efforts paient, que son désir d’accepter ce qu’il a, ce qu’il est, le bonheur du moment présent, leur bonheur, est déjà présent. Il lui suffirait de faire un premier pas volontairement dans le vide, un premier pas pour rompre la spirale ; qu’il accepte d’aller de l’avant, sans regarder la montagne à gravir, en posant simplement le pied sur chaque pierre de la pente, pas à pas, pour qu’il se retrouve en haut sans même s’en rendre compte.
Cette incroyable simplicité l’effraie. Quand la noirceur perçoit qu’un geste aussi simple pourrait avoir raison d’elle, elle le prend et l’immobilise tout entier pour faire sa place et l’emplir totalement.

Par une touche d’indulgence, un geste de tendresse envers lui-même, ce qui l’empêche aujourd’hui de vivre pourrait être dépassé : il n’y a que ce petit pas qu’il refuse de faire qui l’empêche de vivre. Mais il faut faire ce premier pas pour soi, une condition nécessaire pour s’accepter et accepter l’amour de l’autre sans qu’il ait à le justifier.
Elle espère tant qu’il saura être indulgent, qu’il saura accepter que Rome ne s’est pas construite en un jour, que lorsqu’une pierre tombe, on peut la reprendre et la repositionner. L’énergie qu’ils déploient ensemble pour s’épanouir pleinement et se construire leur commun cocon est tout ce qui compte.

La vie est dans le moindre petit mouvement qui nous éloigne du noir. C’est ce qu’elle ressent à chaque fois qu’elle rouvre son ordinateur, à chaque fois qu’elle repasse à l’action, si infime soit-elle, sans songer à l’immensité de la tâche à accomplir, simplement en faisant, en refusant de céder à l’envie de ne rien faire, à l’envie d’abandonner, de céder au néant.

Z/A –
20/03/2015

Mamie Bathory

A mon amie Carmilla Bathory.


Mamie Bathory est une très vieille amie.

Née en Hongrie au milieu du XVIème siècle,

Elle ne fait pas son âge,

Mais les années l’ont rattrapée

Et bien qu’elle soit immortelle,

Elle accumule les mêmes pépins de santé

Que nous autres, simples mortels.

 

Momie Bathory est longtemps restée jeune,

Mais les siècles ont fini par avoir sa peau :

De pêche, elle s’est changée en pruneau

Et tous les bains de sang du monde

Ne suffisent plus à renverser la course du temps.

 

Mamie Bathory n’a plus la forme olympique.

Jadis, ses jambes faisaient pâlir d’envie

Les plus belles femmes du royaume,

A présent c’est tout juste

Si elle tient debout sans déambulateur.

Finies les longues promenades au clair de lune,

Elle a opté pour la livraison à domicile.

 

Mamie Bathory a perdu son sourire :

Ses longues canines aiguisées comme des couteaux

Qui faisaient sa fierté et celle de son clan

Ont fini par se déchausser, un beau soir de juillet.

Il a fallu lui poser des prothèses sur mesure

Pour qu’elle ne se sente pas ridicule devant ses rivales

Et lui permettre de se nourrir comme à son habitude.

 

Mamie Bathory n’a plus l’agilité d’esprit

Que ses courtisans lui connaissaient.

Elle oublie où elle a mis ses clés

Et porte des chaussettes dépareillées.

Parfois, elle se perd dans sa bibliothèque

Ou confond un pot de fleurs avec son pot de chambre.

 

Pas facile de bien vieillir,

Même pour un vampire !

 

Zoro Astre – 19/07/2015

 

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L’encrier des matins brumeux

Le temps peut-il tourner
Les pages des livres inachevés?
Et l’eau sous les ponts
Noiera-t-elle un soir nos regrets
Comme un jet de pierre
Fait s’évanouir le clair de lune
Sur les reflets de l’ondée?
Encore une plume à tremper
Dans l’encrier des matins brumeux;
Encore une larme à l’oeil
A laisser couler dans l’eau des fontaines:
Et le soleil que l’on avait chassé
Refera resplendir le duvet vaporeux 
De nos ailes trop longtemps repliées.

Eté 2014

Errances nocturnes


Sa mémoire ne veut rien retenir
Des salles faiblement éclairées
Refuges de dépravations
Où ses désirs et ses déceptions
Dansent avec la même frénésie.

Murée dans le silence assourdissant
Des vestiges de soleils accablants,
Echo du bruit de sa chute du Paradis perdu,
La honte éprouvée des épreuves passées
Hante jusqu’au matin ces lieux de débauche.

Il se console sous un voile de noirceur
D’où personne ne peut déceler son cœur manquant,
Tandis que sa flamme consume dans l’obscurité
Les années brisées que rien ne peut réparer.

Zoro Astre – 20/07/2015